Quelle structure d’URL pour votre site international ?

3 Juil 2020 | Référencement naturel (SEO)

Sans aucun doute, le référencement international et multilingue est l’un des aspects les plus exigeantes dans le domaine du référencement naturel. Pléthore de sites web présentent des erreurs concernant l’attribut “hreflang” ou les sitemaps dédiés aux pages spécifiques à une région ou à une langue.

Alors que la décision de pénétrer un marché et d’internationaliser votre activité relève de la stratégie de votre entreprise, il serait désastreux que vos perspectives de croissances soient ternies par des erreurs techniques et une mauvaise optimisation de votre site pour l’international.

Dans cet article, nous allons vous présenter les différentes structures d’URL existantes, avec les avantages et inconvénients des unes et des autres. Ainsi, vous serez à même de configurer votre site au mieux de ce point de vue là et d’en tirer le profit maximum pour le développement de votre activité hors de votre marché domestique.

L’anatomie des URL

Tout d’abord, qu’entendons-nous par “URL” ? L’abréviation signifie “Uniform Resource Locator” en anglais et littéralement « localisateur uniforme de ressource ». On parle également d’”adresse web”. L’URL ne peut être utilisée que pour décrire l’intégralité (ou l’absolu) de l’adresse, contenant le schéma, l’hôte et le chemin d’accès.

A l’URL s’ajoutent d’autres abréviations à l’image des :

  • URI (Uniform Resource Identifiers) : une URI doit permettre d’identifier une ressource de façon permanente et ce, même si cette dernière est déplacée ou supprimée ;
  • URN (Uniform Resource Name) : une URN doit identifier une ressource en tant que telle, indépendamment de son emplacement.

Le schéma ci-dessous permet de visualiser ces différents éléments :
Quelle structure d’URL pour votre site international ?

Les différentes structures d’URL pour les sites multilingues

Il existe cinq principales façons de créer des URL pour le référencement international. Il s’agit de :

  • gTLD avec sous-dossiers ;
  • gTLD avec sous-domaines ;
  • Différents ccTLD pour le domaine racine ;
  • gTLD avec paramètres ;
  • Des domaines entièrement différents.

Les avantages des différentes approche

Vous pouvez réussir le référencement de votre site à l’international avec n’importe laquelle des ces cinq méthodes. En effet, parmi toutes les variables qui entrent en jeu dans le succès d’une campagne de référencement multilingue, la structure de votre URL n’en est qu’une !

Les différents ccTLD

Les ccTLD, pour “country code top-level domain” en anglais, envoient les signaux les plus forts aux moteurs de recherche pour savoir quel pays est visé. ccTLD est couramment appelé “domaine de premier niveau” ou “extension” en français. Il s’agit par exemple du .fr pour la France, du .it pour l’Italie, du .es pour l’Espagne, du .uk en Grande-Bretagne (alors que l’extension officiellement enregistrée est .gb), etc. Ailleurs dans le monde, il s’agit par exemple du .us pour les États-Unis, du .cn pour la Chine ou encore du .za pour l’Afrique du Sud.

Cette méthode est souvent plus coûteuse à maintenir. En effet, il vous faudra gérer autant de domaines que vous visez de pays. Et chaque domaine aura son propre profil de backlinks à créer et à maintenir.

Enfin, avant de vous lancer dans la création d’un nouveau ccTLD, renseignez-vous sur la liste des domaines nationaux. Prenez garde à ce que l’extension que vous choisissez bien le pays que vous visez.

Les sous-domaines et sous-répertoires

Un gTLD, pour “generic top-level domain ou gTLD” en anglais, est une extension transnationale. En ce sens, ils diffèrent des ccTLDs. Les gTLD les plus connus sont .com, .org, .net et .info.

L’utilisation d’un gTLD avec un sous-domaine ou une route de sous-répertoire sont deux mises en œuvre qui fonctionnent pour votre projet de SEO international. Que vous choisissiez l’un ou l’autre, cela n’interfèrera au succès de votre entreprise.

Quelques exemples de sous-domaines utilisés pour des structures URL multilingues :

  • Hotels.com qui utilise fr.hotels.com pour la France, uk.hotels.com pour le Royaume-Uni ou encore ca.hotels.com pour le Canada ;
  • Wikipédia qui utilise fr.wikipedia.org pour la France, tr.wikipedia.org pour la Turquie ou encore vi.wikipedia.org pour le Vietnam.

Quelques exemples de sous-répertoires utilisés pour des structures URL multilingues :

  • Apple qui utilise www.apple.com/fr/ pour la France, www.apple.com/es/ pour l’Espagne ou encore www.apple.com/ru/ pour la Russie ;
  • Arte qui utilise www.arte.tv/de pour l’Allemagne, www.arte.tv/pl/ pour la Pologne ou encore www.arte.tv/it/ pour l’Italie.

La SNCF via son site Oui.sncf a recours aux deux structures en même temps. En réalité, chacune a une dimension spécifique. Le sous-domaines servira à viser un pays en particulier et à le faire savoir aux moteurs de recherche. Le sous-répertoire servira quant à lui à indiquer la langue utilisée. C’est notamment le cas pour :

  • La Suisse qui une version du site en trois langues différentes :
    • ch.oui.sncf/fr/ en français ;
    • ch.oui.sncf/en/ en anglais ;
    • ch.oui.sncf/de/ en allemand ;
  • La Belgique, qui a également une version du site en trois langues différentes :
    • be.oui.sncf/fr/ en français ;
    • be.oui.sncf/nl/ en néerlandais ;
    • be.oui.sncf/en/ en anglais.

Du point de vue du développement, il est possible d’associer d’autres plates-formes et bases de données à un sous-domaine. Vous pouvez également les associer par procuration inverse à un sous-dossier. Cela dépend des limites de votre technologie.

Les paramètres d’URL

Dans cette structure d’URL, vous ajoutez un paramètre d’URL de type ?lang=fr ou similaire afin de renseigner la langue dans laquelle vous souhaitez que votre contenu apparaisse.

Bien que cela puisse fonctionner, c’est la méthode de mise en œuvre que nous recommandons le moins. En effet, son impact est moins fort qu’en recourant au sous-domaine ou au sous-répertoire. En outre, cette structure d’URL est beaucoup moins conviviale pour la création de liens.

Un domaine entièrement différent

A l’instar de l’approche ccTLD, l’utilisation d’un nom de domaine différent est une option tout aussi intéressante. Et ce a fortiori si votre domaine originel n’équivaut pas au nom de votre marque. Dans ce cas, abordez donc un nouveau pays avec un nouveau site et un nouveau nom de domaine !

Les bonnes pratiques en matière d’URL pour quelques pays

Au moment de choisir la structure initiale de votre URL, nous vous recommandons de vous renseigner sur les différences culturelles avec le pays que vous visez. Cela ne concerne pas uniquement les moteurs de recherche autres que Google. Il s’agit également des différentes typologies d’internautes.

Meilleures pratiques en matière d’URL pour le Japon

Fondamentalement, disposer d’un ccTLD spécifique au Japon, à l’instar de .co.jp, ne confère pas nécessairement un avantage à votre site quant à son classement dans les pages de Google Japon.

Pour faciliter la localisation au Japon, privilégiez l’intégration de caractères japonais dans vos URN. Par exemple, si vous êtes une agence de voyage basée à Lyon qui cible le marché japonais et propose des hôtels à la réservation, vos URL peuvent ressembler à ceci : france-voyage.com/rhone-alpes/旅行. Le mot “Ryokō” (ou 旅行) signifie “voyage” en kanji, un des alphabets japonais.

Les internautes japonais effectuent en général leurs requêtes en latin avant de les convertir dans leur style d’écriture préféré. L’hiragana est l’alphabet le plus utilisé au Japon tandis que le katakana s’utilise principalement pour la notation des emprunts lexicaux aux langues étrangères.

Enfin, il est important que vos URL soient encodées en UTF-8. Ainsi formatés, les caractères japonais s’afficheront sans problème dans les SERPs.

Bonnes pratiques en matière d’URL pour la Chine et Baidu

Baidu, le principal moteur de recherche en Chine, fonctionne différemment de Google. Avec Baidu, vous devez éviter d’utiliser des URL paramétrées, car le moteur de recherche peut avoir des problèmes pour les parcourir. L’idéal est d’utiliser un URN descriptif.

Par ailleurs, et contrairement au Japon, il est déconseillé d’utiliser des sinogrammes dans les URL. En effet, certains caractères chinois présentent des problèmes d’encodage. Et cela peut les rendre illisibles dans un chemin d’accès URI et ainsi entraîner des problèmes pour Baidu-Spider lors de l’exploration et de la découverte du contenu des URI. Cela étant, l’utilisation du système pinyin fonctionne et constitue une alternative pertinente.

Bonnes constructions d’URL pour la Russie

Contrairement à Google, le moteur de recherche Yandex apprécie que les mots-clés soient inclus dans le chemin d’accès. Sans pour autant qu’ils soient utilisés à des fins de spam.

Par ailleurs, l’emploi du cyrillique dans les URL afin de viser le marché russe n’est pas un problème pour Google. Le moteur de recherche explore et indexe les URL non-latines sans problème. Un exemple permet d’illustrer ce point : la version russe de Wikipédia. Pour le mot-clé “World Wide Web”, le chemin de la page inclut les caractères en cyrillique : https://ru.wikipedia.org/wiki/Всемирная_паутина.

Cependant, si on copie-colle l’URL hors du navigateur, le cyrillique ne se formate pas correctement et vous obtenez à la place un chemin brisé : https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%92%D1%81%D0%B5%D0%BC%D0%B8%D1%80%D0%BD%D0%B0%D1%8F_%D0%BF%D0%B0%D1%83%D1%82%D0%B8%D0%BD%D0%B0

Pas de panique. Lorsque vous le recollez dans un navigateur, comme pare exemple Google Chrome ou YaBrowser, il fonctionne et se met en forme tout à fait normalement.

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